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mercredi 27 mai 2015

Lions en série

2 commentaires
C'est devenu presque une obsession depuis quelques temps : j'adore les lions en origami, j'aime les plier, j'aime les regarder, et j'admire la créativité de certains auteurs sur le sujet. Le lion cumule les qualités pour un sujet d'origami : il est à la fois très reconnaissable par sa grande crinière (car oui la majorité des lions représentés sont des mâles !), une même crinière qui peut poser des défis techniques intéressants aux origamistes, et enfin, le lion est empreint de caractère : il peut revêtir l'aspect du félin puissant ou celui du roi paresseux…

Commençons notre tour de safari dans le monde des lions d'origami…
Voici 13 lions
…de 12 auteurs pliés par 11 interprètes différents ! 

Lion de Seiji Nishikawa plié par Gilad
L'utilisation de la forme 3D et la simplicité du reste en fait un lion très "design"

Le lion de Rui Roda
Minimaliste, un petit changement de couleur, et la bête est tout de suite reconnaissable


Lion de Ashimura Shinushi, plié par moi-même : lien blog.
Lion de Guspath Go, plié par moi-même : lien blog
Principe similaire à celui de Nishikawa.
de Gen Hagiwara, on est encore dans du lion mignon mais un peu plus élaboré…
de Komatsu, plié par moi-même : lien blog.
On est déjà plus dans du modèle complexe qui joue avec les couches de papier pour former la crinière.
Celui de Kamiya, qui boxe dans la même catégorie
L'incroyable interprétation de ce même lion, par Soma Cruz
de Gachepapier
de Hoang Tien Quyet
de Bizon_do sur Flickr
de Beth Johnson (voir ma version ici)


Tête de lion de Roman Diaz, plié par Gilad



de Melina Hermsen

dimanche 8 mars 2015

12 pliages singuliers

0 commentaires
Pour faire écho à l'article sur les arts, voici une sélection de pliages particuliers, innovants, originaux, qui proposent de nouveaux concepts et qui donnent de l'inspiration !


Flower Tower de Chris Palmer.

Ce modèle est fascinant à plusieurs titres : d'une part c'est une fractale, c'est à dire que l'on peut refaire la même séquence un nombre infini de fois dans un espace de plus en plus petit au centre du papier. D'autre part, il est ludique. On peut l'agencer sous forme de fleur (plate) ou sous forme de tour (en 3 dimensions). Ou encore entre les deux, comme sur cette photo. On peut tourner chaque étage dans un sens ou un autre, et lorsque l'on ouvre totalement le modèle par l'arrière, l'effet visuel est remarquable.
Le modèle est expliqué dans cette vidéo. Chris Palmer a également créé des variations sur le concept.

Eros de Victor Coeurjoly.

Ce mois-ci, je propose sur le forum francophone, un défi de création sur le thème du regard. Et il est fort probable que cette idée me soit venue en regardant ce modèle. Ce n'est peut-être pas particulièrement parlant sur la photo, mais il s'agit d'un "bonhomme" de papier noir mis face à un fond blanc… pour former le dessin de toute autre chose !
Il existe aussi une autre version

Illusion de Madfolder

Et donc en réponse au sujet proposé sur le forum, Eric a créé cette magnifique œuvre…

Crâne d'Herman Van Goubergen

On continue dans la série d'effets visuels avec ce crâne… qui ne peut se voir que posé sur un miroir !
Regardez bien et vous verrez que la partie basse n'est que le reflet de l'intérieur de la partie haute. Ingénieux.

Oiseau multicouche de Nicolas Terry (plié par Orizuka)

Il s'agit cette fois d'un modèle qui se plie à partir de 2 feuilles de papier superposées, pour obtenir non pas un modèle bicolore, mais quadricolore ! Un concept difficile à utiliser, mais intéressant…

Rolling Cat - Tuan Nguyen Tu

Ce créateur (ttsan sur flickr) a proposé une série de modèles pliés à partir d'une bande de papier, le meilleur étant certainement celui-ci. Quand la simplicité fonctionne…

Crumpling - Vincent Floderer

Vincent Floderer est le plus grand représentant du CRIMP, le collectif de "froisseurs" de papier. Les techniques de froissage donnent un rendu plus naturel à la discipline géométrique du pliage de papier.
Tout le site du CRIMP mérite un coup d'oeil, pour être honnête.

Organic Abstract - Paul Jackson

Ce modèle fait partie d'une série de variations, sur un même procédé. Ce qui les rend si unique, c'est la rondeur du résultat par rapport au "plat" des plis initiaux.

Flasher Hat - Jeremy Shafer

Jeremy Shafer est plein de créativité, et est le spécialiste des modèles en action. Parmi ses meilleures idées le "flasher" : un modèle qui fermé est le plus petit possible, et ouvert se grandit de façon phénoménale. Et voici le version chapeau du "Flasher".


"La vie mode d'emploi" - Lucien Derraine (Kaze)

Encore une merveille sortie du forum francophone. Comment un modèle peut se transformer à partir d'une même base…
Le même concept est proposé par Fernando Gilgado pour sa chrysalide / chenille / papillon.

Ruche - Lucien Derraine (Kaze)

Chaque abeille est pliée à partir d'un hexagone. A partir de là, vous comprenez l'idée ! 

Escargot Steampunk - Remy Annicke

Le pliage et découpage… c'est compatible ! Remygamiste nous prouve qu'avec un peu de bon goût, utiliser les ciseaux n'est pas une hérésie.
Pour jeter un oeil à ses "bidouilles" : voir ici.

Et en bonus, je vous conseille d'aller voir (ou revoir) les sites de deux autres artistes :
- Aurèle Duda qui fait de très belles installations avec beaucoup de mise en scène.
- Peter Callesen dont le travail est de l'ordre du kirigami, soit du papier découpé essentiellement, mais avec un peu de pliage quand même.

samedi 7 février 2015

Sommes-nous des artistes ?

4 commentaires
"Pourquoi l'origami n'est pas (encore) un art", ainsi s'intitulait la conférence que Victor Coeurjoly a présenté à Lyon. Une conférence légèrement provocatrice, assez amusante et finalement très intéressante. On en aura plusieurs fois débattu sur le forum francophone, d'ailleurs.
On a tous plus ou moins une idée de ce qu'est l'art, mais définir cela concrètement est assez complexe, et pour avoir eu des cours de philosophie sur le sujet, je sais de quoi je parle. Je préfère donc partir de l'angle inverse : analyser le cas de l'origami pour avoir une idée (un peu) plus précise de ce qu'est réellement l'art.

Je vais donc reprendre certaines problématiques évoquées par Victor Cœurjoly, et y ajouter mon point de vue.

1) L'image

Pour considérer que l'origami est un art, encore faut-il cette reconnaissance du public. Et à ce niveau-là c'est pas gagné.

• Jugé comme puéril d'une part, car on l'associe souvent aux avions en papier et compagnie. C'est d'ailleurs une idée reçue qui ne concerne pas uniquement l'origami, mais l'ensemble des loisirs créatifs en général voire à certains arts et artisanats (poterie…) ou encore au monde ludique (c'est à dire jeux de société, jeux de rôle ou jeux vidéos). A croire que les adultes ne savent pas s'amuser.

• On parle aussi d'autisme, au sens figuré. Comme les constructions d'allumettes de ce cher François Pignon, l'origami est un loisir de patience, un peu solitaire, avec une certaine complexité qui donne l'impression que finalement, nous plieurs, sommes tous un peu des kékés, à brandir avec fierté nos pliages complexes qui nous ont prit du temps. Bizarrement, ce point n'est pas incompatible avec le précédent : le kéké autiste est de nature puérile (François Pignon, encore !)

• Enfin, l'origami est sans cesse associé à la légende japonaise, ce qui n'est pas un mal en soi, mais ne contribue pas à le moderniser non plus. Certes l'origami est ancré dans la culture japonaise, mais n'est pas l'apanage des "grands maîtres japonais". Les gens aiment bien les histoires, ce côté exotique fascinant, mais souvent en décalage avec la réalité des choses. On doit beaucoup au japon (et à la chine en fait), mais depuis, le pliage de papier a contaminé le monde entier.

2) Normes

Image de la conférence de Victor
L'origami, mine de rien, est soumis à de nombreuses règles plus ou moins strictes : le "no cut no glue", le carré de départ, la recherche de précision absolue…
Beaucoup de modèles sont construits… et bien justement selon un modèle, tel que le box-pleating (exemple sur l'image). 
Avec la technique complexe de circle-packing que propose Lang, on est confronté à un processus de création extrêmement codifié, normé. Bref l'origami est soumit à des principes très techniques, mathématiques, comme si la création était le travail d'une machine.
D'ailleurs, les modèles d'origami créés par des machines… ça existe déjà !


Ce lapin a été créé au moyen d'un logiciel de création 3D de modèles d'origami. Le crease pattern de ce modèle est tout simplement ahurissant : voir ici. Son auteur se nomme Tomohiro Tachi. Mais l'auteur de quoi au fait ? Du modèle où du logiciel qui l'a créé ?

Bref, c'est bien beau tout ce que fait la technique, mais on en perd la dimension humaine, donc artistique.

Tous ces points bien sûr, sont à relativiser. Norme et contrainte sont deux notions différentes.
Par exemple, la norme du carré de départ est surtout une facilité technique. En se contraignant de plier dans ce format-là, on s'affranchit justement de certaines contraintes : il est beaucoup plus difficile de plier un modèle figuratif à partir d'un rond. Donc en se contraignant, on s'offre finalement plus de liberté (il y a une dissertation de philo à faire là-dessus).
De plus, les choses évoluent : de plus en plus de créateurs plient à partir d'un rectangle ou une bandelette, par exemple. Neal Elias l'a souvent fait, Gachepapier le fait encore.

L'origami est codifié, mais ce n'est pas cela qui lui enlève tout le caractère artistique. C'est même une caractéristique récurrente à l'art que d'évoluer dans le temps en s'affranchissant des normes.
Le théâtre classique était soumit à la règle des trois unités. Une règle qui existait pour répondre à des besoins de cohérence dans la narration, mais qui finalement a été contestée par des auteurs comme Pierre Corneille ou Victor Hugo.
De même, la musique savante a elle-même évoluée avec ses règles. Les Préludes et Fugues de Bach sont basés sur une structure très normée.

 3) Valeur matérielle, valeur de l'idée

Nos modèles sont tous issus d'un matériau "misérable" : le papier. Pouvoir sortir quelque chose à partir d'un bout de papier est fascinant, mais pas très prestigieux. Cette capacité de faire des merveilles à partir de presque rien rapproche l'origami des arts de rue (cirque, théâtre), mais -et on en revient à la question de l'image- le rend peu crédible comparé aux "beaux-arts" tel la sculpture, la peinture, etc.
Sans compter que notre matériau, tel quel, est éphémère, ce qui est un obstacle pour la vente des œuvres. 

Pire encore, l'origami est reproductible. Un modèle unique, non diagrammé, a beaucoup plus de valeur qu'un modèle diagrammé, donc que l'on peut faire soi-même. Mais j'en parle plus en détail juste après.

C'est à mon sens un reproche peu pertinent : la valeur d'un travail artistique n'est pas matérielle, la réelle valeur est la valeur de l'idée, du cheminement de l'artiste.

4) Art et Artisanat


Les points soulevés précédemment nous amènent à deux constats sur la nature artistique de l'origami, en partant toujours du principe qu'il s'agisse d'un art :
- Un art plastique, comme la sculpture.
- Un art allographique, comme la musique.

Le terme "art allographique" désigne l'art dans sa possibilité de matérialisation/reproduction. Le diagramme, tel la partition, sert d'intermédiaire.
Le problème, c'est qu'entre art allographique et artisanat, la frontière est ténue. Qu'est-ce qui différencie l'origamiste qui exécute un diagramme du potier qui fait son vase selon un processus défini, du boulanger qui suit sa recette ?
(D'ailleurs, certains pensent que la cuisine est un art. Pour ma part, j'en sais foutrement rien, mais j'y répondrai le jour où je tiendrai un blog "Samy cuisine" :P).

Là on entre dans un sujet particulièrement casse-gueule ! D'ailleurs, pour le statut juridique de l'origami, c'est un vrai bordel aussi.
A mon avis, il n'y a qu'une seule chose qui sert d'indicateur entre l'artistique et l'artisanal : l'interprétation.

On qualifie souvent le pianiste interprète d'artiste, peut-on en faire de même pour l'origamiste interprète ? Je pense que oui, mais on peut juger la qualité de l'interprétation, à partir de deux axes qui s'opposent mais qui pourtant sont complémentaires :

- La compréhension de l'œuvre : ce qui revient souvent à interpréter dans le sens voulu par l'artiste original, le caractère qu'il a voulu lui donner.
- La liberté d'interprétation :  la capacité d'apporter sa touche personnelle, de changer sans involontairement dénaturer.

La valeur artistique de l'interprétation se caractérise aussi par la difficulté de compréhension, la nécessité de "clés de lectures".
Je pense donc que si l'objet permet l'interprétation, il a une valeur artistique.

5) Expression vs. Réalisme 

Nature morte - Gabriel Klein
Bon là on entre peut-être dans le vif du sujet (enfin, allez-vous me dire !). Nous disions donc, interprétation. Parlons à présent de création.
Les créateurs en origami, depuis les années 80, se sont souvent contenté d'imiter la réalité, de la copier. Un peu comme du dessin d'observation… c'est joli, mais où est l'expression ?
Qu'est-ce qu'il exprime, John Montroll avec sa collection d'animaux en origami, simples et réalistes. Est-il un artiste ou un concepteur ?
Victor Coeurjoly actuellement cherche l'expression au détriment de la "conception réaliste". Ça n'était pas toujours le cas. 
En quelques temps, il est passé de ça :

Avion - Victor Coeurjoly

à ça :
Ménélas - Victor Coeurjoly

Vous êtes paumés ? Normal, je le suis un peu aussi.
D'après les différentes réflexions menées, l'origami peut être à la fois :
- Représentation de la réalité (recherche de réalisme => travail de concepteur. Exemple de l'avion)
- Interprétation de la réalité (non-recherche de réalisme, représentation personnelle selon la sensibilité de l'artiste)
- Support d'expression (Vecteur d'idée, l'artiste cherche à s'exprimer. Exemple du "Ménélas").

Dans tous les cas, la technique utilisée pour concrétiser l'idée, fait partie intégrante de la démarche artistique (dans le photo ci-dessus, le froissage). Et la maîtrise de la technique permet la libération artistique.

Ma conclusion :

L'art c'est un vrai casse-tête. Je pensais écrire un petit billet d'humeur, comme ça, mais ça s'est finalement transformé en pavé écrit sur plusieurs jours. Et encore, il y a moyen de développer largement plus. Mais avec l'origami, plus encore depuis que Victor a donné sa conférence, j'ai l'impression d'assister à la naissance, ou plutôt à l'affirmation d'un art. Tout simplement… et bien car ce genre de débat existe ! Les plieurs acharnés échangent leurs idées, leurs point de vue. Les origamistes innovent, recherchent, se questionnent, définissent et brisent les codes. L'origami est en constante évolution.
La particularité de l'origami, c'est que plus que pour les autres arts plastiques, il faut une maîtrise technique vraiment solide avant de réussir à concrétiser nos idées en modèles de papier. Ce point rapproche de nouveau l'origami à la musique. C'est sans doute ça qui fait que nous plieurs, plions sans cesse des animaux et autres modèles figuratifs qui sont certes assez jolis, assez réalistes, mais qui ne racontent et n'expriment souvent pas grand chose. La prochaine marche est difficile à franchir, mais des gus comme Coeurjoly, dans leur démarche progressiste, nous prouvent qu'elle n'est pas inatteignable.

Toutefois, l'art n'est pas que création : il est aussi réflexion, et interprétation.

vendredi 16 janvier 2015

2014 : Retrospective

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2014 a été une année importante pour moi, à tous les niveaux, origami y compris. C'est parti pour une petite retrospective.

L'événement majeur aura été ma grande première dans le monde des conventions d'origami. J'en parle ici. Avoir pu sortir du carcan d'internet pour rencontrer en vrai autant de plieurs et de grands artistes a été incroyable et cette convention ne sera pas la dernière.

Au long de l'année je me suis pas mal impliqué dans le forum francophone d'origami. C'est notamment moi à la charge des "challenges de création", et ça me fait énormément plaisir de lancer des idées qui font échos chez les créatifs du papier. Par exemple, j'avais proposé en mars le thème "solitude", qui a notamment parlé à Eric Vigier (madfolder) qui a proposé une création très touchante sur le thème. On trouve à présent le diagramme de cette création dans le livre "Drawing origami" édité chez Nicolas Terry…

En ce qui concerne mes propres créations… en dehors de quelques balbutiements de créations, je reste qu'à un seul modèle créé en 2014 : le lapin. Un modèle travaillé et retravaillé, et je compte continuer à l'exploiter…


Sur ce blog, j'ai présenté 24 modèles différents en 2014. En pratique j'en ai évidemment plié plus, mais pas aussi présentables. Parmi mes plus grandes fierté, la licorne de Roman Diaz, la chouette de Beth Johnson et le lion de Komatsu qui fait actuellement la bannière de ce blog.


Licorne de Roman Diaz
 Je suis aussi très fier d'être parvenu à bout de la tortue étoile de Roberto Gretter, moi qui suis peu habitué à ce genre de modèles.

Sur flickr, mon pliage de l'Oryx de Quentin Trollip est celui qui a le plus plu, suivi de mon lapin.
Tandis que sur mon blog, les vieux modèles de noël et d'halloween amassent toujours le plus de vues (conséquence des recherches google).

Enfin, j'ai animé un atelier pour débutant en fin d'année, et j'ai réitéré en ce début 2015.
Toujours un plaisir de parler et transmettre cette passion, d'ailleurs, c'est la raison pour laquelle ce blog existe…

Bonne année à tous et que 2015 soit grand !

jeudi 8 janvier 2015

Une grue pour Charlie

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Secoué après avoir lu la nouvelle de l'attentat contre Charlie Hebdo, j'ai voulu apporter ma contribution :



Comme vous le savez peut-être, la grue est dans la tradition japonaise, un symbole de paix. On associe souvent la grue à l'histoire de Sadako Sasaki, victime des bombardements atomiques d'Hiroshima.
 
Et finalement, c'est aussi le message que je souhaite partager : un message de paix. Un message qui, tout aussi simple soit-il, est universel.
Qu'importe les coupables, leur nationalité où leur religion. Ces coupables sont eux-même des victimes, les victimes d'une folie meurtrière. Les victimes d'un monde injuste et profondément violent.
Ne nous laissons pas porter par la terreur. Cessons de vouloir condamner un groupe, une religion, une entité. Ne répondons pas à la violence par la violence. Personne n'a à y gagner.

Le modèle de Sébastien Limet pour le challenge de création "La paix entre les peuples"
En réaction à une réalité tout aussi dramatique (le conflit israélo-palestinien), nous avions proposé pour le défi création du forum francophone, le thème de la paix entre les peuples. Cliquez-ici pour voir les productions des participants.

Vive la liberté d'expression, et… faites des plis, pas la guerre !
"Je suis Charlie" - Joseph Wu

lundi 24 novembre 2014

Plier un masque selon Joel Cooper

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Joel Cooper c'est un gars qui fait des trucs comme ça :
[tous les pliages qui suivent sont pliés par l'auteur]


Ou comme ça :

Ou encore comme ça :


Sa technique utilise bien sûr les tesselations, ces fameux pavages géométriques, qui en général forment un résultat plat. Joel sort les couches de papier pour former un relief saisissant, semblant sortir d'une feuille plate (c'en est particulièrement parlant sur ce troisième exemple).

Ce qui est particulièrement impressionnant dans son art c'est sa GRANDE maîtrise de deux technique : les tesselations (qui sont en elle-même très complexes) et la mise en forme, utilisant la technique de wet-folding.

Son processus est expliqué un peu plus en détail sur cet article de son blog.
Comme vous pouvez le voir sur l'article, c'est un joyeux bordel sur le papier. Un bordel dans lequel le génie se retrouve.

jeudi 6 novembre 2014

LUO 2014

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Du 30 octobre au 2 novembre a eu lieu la huitième convention de Lyon. Une convention réputée pour sa convivialité, ses invités de marque et sa tendance à l'origami complexe. En tant que plieur solitaire, je souhaitais y aller depuis longtemps, mais ce n'est que cette année que je me le suis vraiment permis. Et grand bien m'en a pris.

Nombreux compte-rendus sont trouvables sur le forum francophone, mais sur ce blog je souhaite présenter la convention sous un angle plus didactique.

Des rencontres
Etant assez actif sur internet, par le biais de ce blog mais aussi de flickr et du forum, j'ai eu l'occasion de rencontrer plein de gens francophones, artistes confirmés ou amateurs, que j'ai connu via le web : parmi les créateurs "de renom" il y a Sebastien Limet, Gachepapier, Eric Vigier (le plieur fou), Tetsuya Gotani ou encore Kaze, plus discret mais que je considère comme un grand.
Je me suis senti très vite à mon aise dans le monde des plieurs, et étant dans la vie réservé voire taciturne sur les bords je me suis surpris à être vachement bavard avec tous ces gens que je venais à peine de rencontrer en vrai.
L'échange, les rencontres et la convivialité, ce sont vraiment les points qui priment avant tout. Les ateliers de pliage ne sont finalement qu'un prétexte, qu'un outil pour entretenir les échanges. Car de toute façon, 90% des modèles enseignés seront diagrammés (ou le sont déjà), la convention n'en a pas l'exclusivité.

Des invités
Les invités de la convention de Lyon sont souvent de grandes pointures. Cette année n'était pas en reste avec :
- Robert J. Lang
Le gars qui a fait Origami Design secret. Il a apporté une vraie révolution à l'approche technique dans l'origami et au décodage de la conception de modèles)

- Victor Coeurjoly
Si Robert Lang peut être assimilé à un scientifique ou un technicien, Victor Coeurjoly se situe plus dans la veine artistique/poète de l'origamiste. Comme il l'expliquait dans une conférence passionnante, le papier est pour lui un outil d'expression, il cherche à s'exprimer et pas à atteindre le réalisme parfait.


- Beth Johnson
Approche sans doute conceptuelle pour cette artiste qui utilise diverses techniques purement abstraites (comme les tesselations) pour les appliquer sur des sujets concrets, typiquement les animaux. Ses modèles ont souvent un style et une élégance inégalable.


- Alessandro Beber
Origamiste "classique" au départ, cet italien a doucement orienté sa passion vers les tesselations. Doté d'un côté matheux amateur de logique, il explore les techniques les plus complexe de la géométrie du pliage, explore des sentiers jusque là inexplorés et présente le résultat de ses recherches par des créations stupéfiantes.


Des expositions
Les participants, y compris les plus amateurs, peuvent amener leurs modèles pour les exposer : on voit alors les modèles "en vrai" et lorsque l'on est habitué aux photos, cela fait une drôle d'impression ! C'est un chouette coup de projecteur et un moyen d'obtenir remarques, critiques ou suggestions. Je regrette bien de ne pas avoir mis ma propre table !

Des ateliers
Avec trois séances d'ateliers par jour, d'une durée de minimum deux heures chacun, ainsi que de multiples ateliers improvisés, ça n'arrêtait pas ! Si l'explication "live" de modèle est souvent moins efficace qu'un bon vieux diagramme, c'est toutefois un médium intéressant. L'émulation et l'entraide sont sources de motivation supplémentaires pour les plieurs tandis que recevoir les commentaires et apartés sympathique de l'auteur/animateur permet de mieux cerner son approche et logique intrinsèque du modèle présenté.
Je présenterai les modèles que j'ai plier lors des ateliers dans des billets à venir prochainement.

Et enfin... Un projet commun !
Chaque année, l'organisation propose un projet commun qui rythmera la convention. Cette année, il s'agissait d'un modulaire : en pliant les pixels de Max Hulme, on devait à la fin obtenir une image surprise. La voici :

Vivement 2015 ! Quand à vous les internautes on se retrouve très vite ;)