lundi 16 novembre 2015

Ange

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Ce très bon modèle d'Alexander Kurth a été enseigné à la convention de Lyon, un événement que j'attendais impatiemment après la très bonne expérience de l'année dernière. Avis à tous les origamistes amateurs : je recommande très chaudement ce genre d'événement, c'est une expérience unique que de vivre le temps de quelques jours dans un milieu de rencontre et confrontations artistiques, créatif et un peu barge aussi, faut l'avouer.
Cette année, la convention fut courte pour moi et j'ai pas l'impression d'avoir pu en profiter pleinement pour faire un compte-rendu comme l'année dernière ; mais les modèles appris là-bas vont revenir de temps en temps sur ce blog.

Hasard du calendrier, je poste ce billet peu après les attentats dramatiques de Paris. L'occasion de rappeler, que l'origami reste historiquement un fort symbole de paix.

vendredi 6 novembre 2015

Âne

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Mon nouveau cursus et le manque de temps phénoménal qu'il engendre me contraint à me limiter, généralement, à des modèles relativement accessibles et quoi de mieux que du Roman Diaz ? L'occasion de revenir sur un modèle de Origami Essence que j'avais quelques peu délaissé.


C'est vraiment du basique efficace, ici avec une légère variation sur les cuisses à l'avant.
Papier contrecollé Unryu (blanc) + Mûrier (brun-orange).


samedi 10 octobre 2015

Le souci de la qualité

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Lorsque j'ai commencé ce blog, je pliais frénétiquement et amassais les modèles en immenses et immondes tas de paperasses, qui finissaient souvent dans des sacs plastiques ou des caisses à la cave (au grand bonheur de ma mère, pressée de se débarrasser de toute cette horreur).

Il suffit de voir les plus vieux articles de ce blog pour se rendre compte de l'énorme progrès parcouru au fil des années. Mes vieux pliages qu'aujourd'hui je considère comme de vraies horreurs, me contentaient entièrement il y a quelques années. Ce qui me sidère c'est que j'étais absolument incapable de voir mes lacunes technique / interprétatives des modèles.

Une comparaison flagrante : ma licorne de 2011 comparée à ma licorne de 2014.

Pourquoi cet aveuglement ?
Il est évident que dans toute discipline artistique, l'esprit critique se forge avec le temps ou l'expérience. Il y a quelques années, la notion d'interprétation dans le cas de la musique m'échappait complètement : je n'étais pas capable de différencier deux interprétations d'une même œuvre pianistique (après tout, il ne font que suivre une partition). Aujourd'hui, quand j'écoute plusieurs versions de l'étude "Révolutionnaire" de Chopin sur youtube, c'est un monde de différence entre chaque interprète.

Mais il y aussi autre chose, que j'appellerais le "recul critique". Lorsqu'on est soi-même l'auteur d'une œuvre, quelle qu'elle soit, il est difficile de voir son œuvre d'un regard critique, comme si on la voyait pour la première fois. Ou du moins un certain temps est nécessaire avant de s'apercevoir du niveau de qualité de son travail. Pourquoi ? Parce qu'on est limité par sa vision artistique du moment et en regardant l'œuvre et ce que l'on voit ce n'est pas le résultat, mais le travail technique effectué, le processus d'élaboration ou construction et la fierté du résultat accompli.
Ce recul critique, on commence à s'en approcher avec l'expérience, mais à mon avis il ne peut jamais être totalement atteint.

Et pourtant les progrès sont réels. Il y a quelques années, j'aurais été fier de savoir qu'un jour j'aurais plié l'Ancient Dragon de Satoshi Kamiya. Aujourd'hui, c'est plutôt une déception de ne pas avoir obtenu le résultat escompté : car mon regard critique s'est affiné, et par la même occasion mon exigence de la qualité de l'interprétation. Et ça c'est bien.

L'ancient Dragon broute…


vendredi 5 juin 2015

Chameau

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Lors de la convention espagnole, j'ai pu remarquer à quel point Nicolas Gajardo est un créateur brillant, il nous a montré comment faire un caméléon symétrique à partir d'une base assymétrique, il a expliqué lors d'une conférence très intéressante son étude sur l'incorporation d'une tesselation dans un modèle figuratif (voir son paon), en étudiant notamment le diagramme de Voronoï.

Tout cela m'a donné envie de finir son chameau, que j'ai commencé quelques temps avant. Et là aussi, le modèle est techniquement brillant. Il s'agit du premier modèle que je plie avec du papier Lokta.


Diagramme : Tanteidan Convention Book 15
Papier : Lokta brun 40 cm traité au MC (sur conseil d'un plieur fou)
Taille finale : 11 cm de hauteur.

mercredi 27 mai 2015

Lions en série

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C'est devenu presque une obsession depuis quelques temps : j'adore les lions en origami, j'aime les plier, j'aime les regarder, et j'admire la créativité de certains auteurs sur le sujet. Le lion cumule les qualités pour un sujet d'origami : il est à la fois très reconnaissable par sa grande crinière (car oui la majorité des lions représentés sont des mâles !), une même crinière qui peut poser des défis techniques intéressants aux origamistes, et enfin, le lion est empreint de caractère : il peut revêtir l'aspect du félin puissant ou celui du roi paresseux…

Commençons notre tour de safari dans le monde des lions d'origami…
Voici 13 lions
…de 12 auteurs pliés par 11 interprètes différents ! 

Lion de Seiji Nishikawa plié par Gilad
L'utilisation de la forme 3D et la simplicité du reste en fait un lion très "design"

Le lion de Rui Roda
Minimaliste, un petit changement de couleur, et la bête est tout de suite reconnaissable


Lion de Ashimura Shinushi, plié par moi-même : lien blog.
Lion de Guspath Go, plié par moi-même : lien blog
Principe similaire à celui de Nishikawa.
de Gen Hagiwara, on est encore dans du lion mignon mais un peu plus élaboré…
de Komatsu, plié par moi-même : lien blog.
On est déjà plus dans du modèle complexe qui joue avec les couches de papier pour former la crinière.
Celui de Kamiya, qui boxe dans la même catégorie
L'incroyable interprétation de ce même lion, par Soma Cruz
de Gachepapier
de Hoang Tien Quyet
de Bizon_do sur Flickr
de Beth Johnson (voir ma version ici)


Tête de lion de Roman Diaz, plié par Gilad



de Melina Hermsen

samedi 16 mai 2015

Sirène

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Daniela Carboni fut une belle rencontre lors de la convention espagnole, elle est pétillante dans la vraie vie et son exposition témoigne une grande créativité. J'ai eu un coup de cœur pour son modèle de sirène, d'une élégance rare. Pour le coup, c'est typiquement le style de modèle qui légitime l'origami en tant que genre sculptural : on obtiendrait pas quelque chose d'aussi joli en sculptant ce modèle à partir d'une base d'argile… c'est bien les propriétés du matériau papier (sa finesse, l'aspect des plis) qui rendent cette beauté.



Auteur : Daniela Carboni
Diagramme : Inexistant
Papier : Soie métallisé 20*20 cm pour une taille finale (hauteur) presque identique.

lundi 11 mai 2015

Masque

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De retour après de longues et frugales vacances, j'ai de l'origami plein les cartons et notamment "à cause" de la convention espagnole. J'en parle sur le forum francophone.
Parmi les invités de cette convention, le franco-germano-belge Gachepapier, un de mes acolytes blogueurs que je connais virtuellement depuis bien longtemps. J'ai assisté à 3 de ses ateliers, et j'ai bien fais car j'en garde des modèles de qualité.
Le modèle qui me restera à l'esprit est sans nul doute son masque. Parce qu'il est simple, didactique. C'est un excellent exercice de créativité et d'expérimentations techniques de pliage sculptural. Une base simple à retenir, puis une longue étape de chipotage libre.


Ce n'est pas un modèle à plier une fois, mais un modèle à plier en série, pour obtenir une variété de visages et d'expressions différentes, pour ajouter ou enlever des détails : barbes, cheveux, col de chemise, tout ce que vous voulez.
Ce masque est mon deuxième essai. Le premier a finit à la poubelle, le troisième était trop ambitieux et pas assez convaincant. Mais je continuerai à m'entrainer sur le bête, c'est sûr !


Un gros challenge possible sur ce genre de modèles, est de parvenir à sortir un masque un peu plus délicat que le cliché du vieillard ridé aux gros traits. Le papier et la technique de l'origami laisse beaucoup de traces, beaucoup de "rides" que l'on sait difficilement cacher (les plis qui descendent des yeux, du nez, de la bouche, obligatoires pour former ces derniers).
La tendance inverse, que j'ai moi-même utilisé par facilité, est de carrément montrer les traits, les exagérer, pour faire un masque de vieux expressif et plein de caractère.

Des techniques de masque plus élaborées, telles celle de Stephan Weber, permettent sans doute de varier le panel d'expression possibles encore plus qu'ici. Mais pour un niveau de difficulté supérieur.